Comprendre & choisir

Implant, bridge ou dentier : comment choisir

Implant vs bridge vs dentier : un comparatif clinique par critère, sans prix, pour remplacer une dent manquante en connaissance de cause.

Relecture clinique en attenteMis à jour le

Modèle d’implant entre deux dents naturelles, encadré par deux mâchoires transparentes, l’une avec prothèse, l’autre avec bagues orthodontiques
Photo d’illustration avec modèles, sans lien avec les patients ou l’équipe du cabinet. Jonathan Borba / Unsplash
En bref
Implant, bridge ou dentier : un comparatif par critere clinique, sans hierarchie commerciale ni prix, pour decider avec votre praticien.

Pour remplacer une dent manquante, il n’existe pas de solution supérieure dans l’absolu. Le bon choix entre l’implant, le bridge et la prothèse amovible (le dentier) dépend de votre situation clinique : l’état des dents voisines, le volume d’os disponible, votre santé générale et la maintenance que chaque option demande. La donnée la plus utile à connaître est qu’à dix ans, la survie d’une couronne sur implant et celle d’un bridge fixé sur les dents voisines sont du même ordre de grandeur, autour de 89 %, selon la revue systématique de Pjetursson et collaborateurs publiée dans Clinical Oral Implants Research en 2007. Autrement dit, ces trois familles de traitements répondent à des problèmes différents, et la décision se construit avec votre praticien, critère par critère, plutôt qu’à partir d’un classement commercial.

Cet article propose un comparatif équilibré, sans prix et sans hiérarchie. Chaque affirmation clinique renvoie à une source vérifiable, et les bénéfices y sont présentés avec leurs limites et leurs contre-indications, car la nuance est précisément ce qui permet une décision éclairée.

Pourquoi remplacer une dent manquante change la donne osseuse

Avant même de comparer les options, il faut comprendre ce qui se passe quand une dent est extraite et que rien ne la remplace. L’os qui entourait la racine, l’os alvéolaire, n’est plus stimulé et se résorbe.

La revue systématique de Tan et collaborateurs (Clinical Oral Implants Research, 2012) a quantifié ce phénomène sur des sites humains non préservés : la crête perd en moyenne près de 3,8 mm en largeur et 1,2 mm en hauteur dans les six mois qui suivent l’extraction. La perte est surtout marquée les premiers mois, puis ralentit. Ce n’est pas une disparition brutale, mais un processus progressif qui s’étale des mois aux années.

Cette résorption a deux conséquences concrètes pour le choix de traitement. D’abord, plus on attend, plus le volume osseux disponible peut devenir limitant pour un implant. Ensuite, ce volume résiduel oriente directement la décision : il conditionne la faisabilité de l’implant, parfois après une préparation du site. Pour aller plus loin sur ce point, vous pouvez consulter notre article sur les solutions quand il manque de l’os pour poser un implant.

Implant, bridge ou dentier : que recouvre chaque solution

Les trois options ne sont pas trois versions d’une même chose. Elles reposent sur des principes différents.

Trois panneaux égaux montrent une couronne sur implant qui préserve les voisines, un bridge fixé sur deux dents préparées et une prothèse partielle amovible retenue par des crochets.
Implant, bridge et appareil amovible restaurent une dent par des appuis différents. Aucun n’est supérieur dans l’absolu : le bilan met en balance chirurgie, dents voisines, os et entretien. Illustration pédagogique générée par IA, anatomie générique sans choix individuel.

L’implant dentaire

L’implant est une racine artificielle, généralement en titane, insérée dans l’os de la mâchoire. Une fois l’ostéo-intégration obtenue, c’est-à-dire la cicatrisation de l’os autour de l’implant, on y fixe une couronne, un bridge ou une prothèse. L’intérêt principal est que cette solution ne s’appuie pas sur les dents voisines et qu’elle sollicite l’os, ce qui contribue à le maintenir. Le déroulement complet, des indications à la cicatrisation, est détaillé dans notre page sur l’implant dentaire à Kénitra.

Le bridge

Le bridge conventionnel remplace une ou plusieurs dents en prenant appui sur les dents adjacentes, appelées piliers. Ces dents doivent être taillées pour recevoir les couronnes qui soutiennent l’élément intermédiaire. C’est une solution fixe, sans chirurgie implantaire, mais elle a un coût biologique sur les dents support.

Le dentier et la prothèse amovible

La prothèse amovible, partielle ou complète, repose sur la gencive et l’os sous-jacent, parfois avec des crochets sur les dents restantes. Elle se retire pour l’entretien. C’est la solution la moins invasive, mais aussi la moins stable, en particulier pour une prothèse complète du bas.

Bridge ou implant : le critère des dents voisines

C’est souvent le critère qui tranche entre le bridge et l’implant pour remplacer une seule dent.

Avec deux dents voisines intactes, l’implant évite de les tailler tandis que le bridge exige leur préparation ; si elles ont déjà besoin de couronnes, le coût biologique du bridge change.
L’état des dents voisines modifie le raisonnement : préserver deux dents saines favorise souvent l’implant, tandis que des piliers déjà très restaurés peuvent rendre le bridge pertinent. Illustration pédagogique générée par IA, comparaison simplifiée sans recommandation.

Le bridge conventionnel exige de tailler les dents qui bordent l’espace, même lorsqu’elles sont parfaitement saines. Selon Pjetursson et collaborateurs (2007), les complications les plus fréquentes des bridges dento-portés sont biologiques : caries et perte de vitalité pulpaire des dents piliers. Préparer deux dents intactes pour en remplacer une a donc un prix biologique qu’il faut intégrer à la réflexion.

Deux situations se dessinent :

  • Les dents voisines sont saines et intactes. Tailler deux dents pour poser un bridge revient à fragiliser durablement des dents en bonne santé. L’implant, qui n’y touche pas, présente ici un avantage de préservation.
  • Les dents voisines sont déjà couronnées, dévitalisées ou délabrées. Le coût biologique du bridge est alors bien plus faible, puisque ces dents auraient de toute façon besoin d’une restauration. Le bridge redevient une option logique.

En matière de durée, les chiffres invitent à la mesure. Toujours selon Pjetursson et collaborateurs (2007), la survie à dix ans atteint environ 89,2 % pour le bridge dento-porté conventionnel et 89,4 % pour la couronne unitaire sur implant. Aucune des deux solutions n’est éternelle, et il n’existe pas de garantie de plusieurs décennies. Si la question du budget vous préoccupe, notre article sur le prix d’un implant dentaire au Maroc en explique les déterminants et la lecture d’un devis.

Bridges dentaires ou implants : et quand plusieurs dents manquent ?

Quand plusieurs dents voisines manquent, le choix entre bridges dentaires ou implants ne se pose plus dent par dent. Trois montages sont alors possibles, selon les dents qui restent et l’os disponible :

  • un bridge sur dents naturelles, si des dents solides bordent l’espace et peuvent porter les dents à remplacer ;
  • un bridge sur implants, où quelques implants portent un bridge fixe sans toucher aux dents voisines : il n’est pas forcément nécessaire de poser un implant par dent manquante ;
  • une prothèse partielle amovible, qui reste la solution la moins invasive.

Plus l’espace à combler est grand, plus les dents piliers d’un bridge conventionnel sont sollicitées. Le bridge sur implants les épargne, mais il demande assez d’os sur toute la zone et une maintenance suivie : la revue de Pjetursson et collaborateurs (2007), détaillée plus bas, rapporte davantage de complications par patient avec les bridges sur implants qu’avec les bridges dento-portés. Le choix se fait donc après examen et imagerie.

Dentier ou implant : stabilité, mastication et confort

Pour les édentements étendus ou complets, la comparaison se déplace vers la fonction.

Un dentier complet mastique nettement moins bien que des dents naturelles. Une étude in vivo de Sharma et collaborateurs (J Indian Prosthodont Soc, 2017) a mesuré une force masticatoire moyenne d’environ 63 N avec un dentier conventionnel, contre environ 132 N avec une prothèse stabilisée sur deux implants. La prothèse sur implants demandait aussi moins de cycles de mastication pour broyer un aliment. Ces valeurs illustrent un ordre de grandeur, pas une norme universelle, mais la tendance est claire : stabiliser une prothèse sur implants améliore franchement la mastication.

C’est là qu’intervient une solution intermédiaire trop souvent oubliée dans le face-à-face dentier contre implant : la prothèse amovible stabilisée sur implants, ou overdenture. Pour la mâchoire du bas totalement édentée, le McGill Consensus Statement (Gerodontology, 2002) puis le York Consensus Statement (British Dental Journal, 2009) ont proposé la prothèse stabilisée sur deux implants comme premier choix de soin. Il s’agit d’un consensus d’experts, donc d’une recommandation à présenter comme telle et non comme une règle absolue, mais elle offre un compromis utile entre le confort d’une prothèse amovible et la tenue apportée par les implants.

Tableau comparatif par critère clinique

Le tableau ci-dessous résume les différences sans établir de hiérarchie. Chaque ligne correspond à un critère à pondérer selon votre cas.

Critère Implant Bridge Prothèse amovible
Dents voisines Préservées, non taillées Taillées, même saines Non taillées, parfois crochets
Os Sollicité, contribue à le maintenir Non sollicité sous l’intermédiaire Non sollicité, appui muqueux
Acte chirurgical Oui, sous anesthésie locale Non Non
Stabilité et mastication Élevée Élevée Limitée, améliorée si sur implants
Caractère fixe ou amovible Fixe Fixe Amovible
Maintenance Hygiène stricte, suivi régulier Hygiène sous l’intermédiaire Entretien quotidien, réajustements

Ce qu’un implant ou un bridge change, et ne change pas, pour l’os

La ligne « Os » du tableau demande une explication, car c’est souvent là que naissent les promesses excessives.

Après l’extraction, quelle que soit la suite. L’essentiel du remodelage de la crête se produit dans l’année qui suit l’extraction, et surtout pendant les premiers mois (Schropp et collaborateurs, 2003 ; Tan et collaborateurs, 2012). Aucune des trois solutions ne fait repousser l’os déjà perdu. Lorsqu’il manque, seule une reconstruction peut en redonner, avec ses propres limites.

Sous la fausse dent d’un bridge. L’élément intermédiaire repose sur la gencive, sans racine dans l’os. Une fois la crête cicatrisée, les changements de contour sous cet élément sont restés faibles sur dix ans dans une petite étude de 17 patients (Bienz et collaborateurs, J Clin Periodontol, 2017) : l’os ne disparaît pas brutalement sous un bridge, mais le volume perdu avant la pose ne revient pas. Deux conséquences pratiques en découlent. Un petit espace peut rester sous la fausse dent et retenir des débris, ce qui demande un nettoyage adapté, par exemple une brossette ou un fil passe-bridge. Et si un implant est envisagé plus tard à cet endroit, le volume disponible sera réévalué, parfois avec une greffe.

Autour d’un implant. L’implant transmet les forces de mastication à l’os qui l’entoure. Un léger remodelage accompagne la cicatrisation ; ensuite, autour d’un implant en bonne santé, le niveau osseux ne devrait plus diminuer (Renvert et collaborateurs, 2018). Cette stabilité n’est pas acquise d’office : la péri-implantite entraîne une perte osseuse progressive autour de l’implant (World Workshop 2017), d’où l’importance du suivi. L’implant agit sur l’os qui l’entoure, pas sur le reste de la mâchoire.

Sous une prothèse amovible. Le dentier appuie sur la gencive et l’os sans y être ancré. C’est pourquoi l’évolution de la crête impose des réajustements au fil des années.

En résumé, un implant sain peut aider à maintenir l’os autour de lui, un bridge ne le fait pas sous la fausse dent sans pour autant accélérer sa perte une fois la cicatrisation passée, et aucune option ne rend l’os déjà perdu.

Le critère santé générale : facteurs de risque et fausses contre-indications

La santé générale module le choix, mais elle le verrouille rarement. Il faut distinguer les vrais facteurs de risque des idées reçues.

Une bouche examinée passe par l’état des voisines, le volume osseux, la santé et le tabac, puis la capacité d’entretien avant d’aboutir à implant, bridge, dentier ou overdenture sur implants.
Le bon choix résulte de plusieurs filtres et de la maintenance acceptée. Chaque option peut être valable, y compris une overdenture stabilisée pour certains édentements complets. Illustration pédagogique générée par IA, carte de décision simplifiée sans diagnostic.

La méta-analyse de Chen et collaborateurs (PLoS One, 2013) apporte des données précises. Le tabac est associé à un risque accru d’échec implantaire, avec un risque relatif de 1,92. La radiothérapie de la sphère orale constitue également un facteur de risque. En revanche, le diabète n’y est pas associé à un sur-risque significatif lorsque l’analyse est conduite globalement, pas plus que l’ostéoporose. Ces données globales ne suffisent pas à décider pour une personne donnée. L’équilibre du diabète, l’état des tissus et les traitements font partie de l’évaluation individuelle.

L’ostéoporose et les médicaments antirésorptifs doivent être distingués. Signalez les traitements actuels ou anciens, notamment bisphosphonates ou dénosumab ; leur indication et leur dose modifient l’analyse du risque. Ne les arrêtez pas vous-même. Référence ADA.

Le bon vocabulaire est celui de facteurs de risque à évaluer et à préparer, et non de contre-indications fermes :

  • Le tabac augmente le risque d’échec et justifie un accompagnement, idéalement un arrêt avant l’intervention.
  • Le diabète doit être équilibré, mais il n’interdit pas l’implant lorsqu’il est contrôlé.
  • Les antécédents médicaux et certains traitements se discutent au cas par cas avec le praticien et le médecin traitant.

Lorsqu’un implant est envisagé mais que le volume osseux est insuffisant, des techniques de reconstruction existent. Selon la localisation, il peut s’agir d’une greffe osseuse avant implant ou, au maxillaire postérieur, d’un comblement de sinus. Ces gestes élargissent les indications de l’implant sans pour autant en faire la seule réponse possible.

Quand l’implant demande une greffe : peser le bridge et la prothèse amovible

Il arrive que le bilan conclue qu’un implant est possible, mais seulement après une greffe osseuse ou un comblement de sinus. La question devient alors : le bénéfice attendu de l’implant justifie-t-il une intervention de plus ? Refuser la greffe est un choix légitime, et d’autres options restent ouvertes.

La greffe ajoute une chirurgie, un temps de cicatrisation qui se compte souvent en mois et ses propres suites. Au sinus, la revue Cochrane d’Esposito et collaborateurs (2014) observe davantage de complications sur les sites greffés, et ne montre pas qu’un comblement fasse mieux que des implants plus courts pour éviter les échecs lorsque la hauteur d’os résiduelle le permet.

Les options à comparer avec le praticien :

  • Adapter le projet implantaire : implant plus court ou position différente, lorsque l’anatomie le permet.
  • Le bridge : il ne demande pas d’os sous la fausse dent, mais impose de tailler les dents voisines. Il redevient logique si elles sont déjà couronnées ou délabrées. Dans une zone visible, un creux de la gencive sous la fausse dent peut rester perceptible.
  • La prothèse amovible : sans chirurgie ni taille importante, mais moins stable, avec des réajustements au fil du temps.
  • Ne rien poser pour l’instant, avec une surveillance, lorsque l’espace ne gêne ni la mastication ni l’équilibre des dents restantes.

Aucune de ces options ne s’impose d’avance. La décision dépend de l’état des dents voisines, de la zone concernée et de ce que vous acceptez comme intervention et comme entretien. Le déroulement et les délais d’une reconstruction sont présentés dans greffe osseuse avant implant : pourquoi, comment et cicatrisation.

La maintenance : un critère dans les deux sens

On présente parfois l’implant comme une solution sans entretien. Ce n’est pas exact. Chaque option demande une maintenance, et l’implant a ses propres complications.

La revue de Pjetursson et collaborateurs (2007) montre qu’à cinq ans, environ 38,7 % des patients porteurs d’un bridge implanto-porté présentent au moins une complication, contre 15,7 % des patients porteurs d’un bridge dento-porté conventionnel ; ces taux sont calculés par patient, et non par prothèse. La revue de 2012 (Clinical Oral Implants Research) précise que seuls 66,4 % des patients porteurs de prothèses sur implants étaient exempts de toute complication à cinq ans, les plus fréquentes étant les complications techniques du matériau cosmétique, le dévissage et l’atteinte des tissus péri-implantaires.

Cela ne disqualifie pas l’implant, mais cela impose deux nuances honnêtes :

  • L’intervention implantaire se déroule sous anesthésie locale et est généralement bien tolérée. Parler d’acte indolore ou sans danger serait trompeur.
  • Une inflammation des tissus autour de l’implant, la péri-implantite, peut survenir et nécessite un suivi. Le terme de rejet est impropre : on parle d’échec d’ostéo-intégration ou de péri-implantite, une maladie inflammatoire redéfinie lors du World Workshop de 2017. Les signes à surveiller sont décrits dans notre article sur l’échec d’implant et la péri-implantite.

Du côté des prothèses amovibles, la maintenance porte sur l’entretien quotidien et les réajustements liés à l’évolution de la crête. Le bridge, lui, exige une hygiène rigoureuse sous l’élément intermédiaire pour protéger les dents piliers.

Comment se décide concrètement le choix

En pratique, la décision suit une logique clinique, pas un palmarès. Quelques repères utiles :

  • Une seule dent manquante, dents voisines saines : l’implant préserve les dents adjacentes, ce qui constitue souvent un argument fort.
  • Une dent manquante, dents voisines déjà restaurées : le bridge devient pertinent, car son coût biologique est réduit.
  • Os insuffisant pour un implant immédiat : on évalue une greffe ou un comblement, ou l’on s’oriente vers une autre solution.
  • Édentement complet, recherche de stabilité : la prothèse stabilisée sur implants offre un compromis entre confort et tenue.
  • Facteurs de risque ou contexte médical particulier : le choix se construit après évaluation, sans exclusion automatique.

Le bilan repose sur un examen clinique et une imagerie adaptée. Au cabinet, l’examen tridimensionnel par Cone Beam permet d’apprécier précisément le volume osseux disponible, ce qui est déterminant pour distinguer un site favorable à l’implant d’un site nécessitant une préparation préalable. C’est cette analyse, et non une préférence de principe, qui oriente vers l’une ou l’autre des trois familles de traitements.

Si la dent manque depuis longtemps, lisez une dent qui manque depuis des années ; pour la dent finale, couronne sur implant ou sur dent.

Bridge ou implant : sur quoi repose l’avis du praticien ?

Il n’existe pas d’avis valable pour tout le monde : l’avis utile est celui qui se fonde sur votre examen. Pour le comprendre, quatre questions méritent d’être posées pendant la consultation :

  • Les dents voisines sont-elles saines, ou déjà couronnées, dévitalisées ou délabrées ?
  • Le volume d’os permet-il un implant sans greffe préalable ?
  • Un facteur de risque, comme le tabac, un diabète mal équilibré ou un traitement en cours, modifie-t-il le projet ?
  • Quel entretien chaque option demandera-t-elle au quotidien et lors des contrôles ?

Les avis lus en ligne décrivent la situation d’autres personnes, avec d’autres dents, un autre os et une autre santé : ils ne disent rien de votre cas. Si une proposition vous laisse des doutes, demander qu’on vous explique ces critères, ou solliciter un second avis en apportant vos radiographies, est une démarche légitime.

Ce qu’il faut retenir

Implant, bridge et dentier ne se classent pas du meilleur au moins bon. Ils répondent à des situations distinctes, avec des bénéfices et des limites propres. À dix ans, la survie de la couronne sur implant et celle du bridge dento-porté sont comparables, autour de 89 % d’après Pjetursson et collaborateurs (2007). Le choix se construit sur des critères vérifiables : l’état des dents voisines, le volume osseux, la santé générale et la maintenance acceptée. Une consultation permet de pondérer ces critères pour votre cas et de décider en connaissance de cause.

Pour approfondir chaque option au cabinet : implants dentaires à Kénitra et bridge dentaire à Kénitra.

Si votre appareil bouge malgré les adaptations, lisez aussi Un dentier qui ne tient plus : du réglage aux implants.

Questions fréquentes

Implant, bridge ou dentier : lequel dure le plus longtemps ?
Aucun n’est definitif. Dans la revue de Pjetursson et collaborateurs (Clinical Oral Implants Research, 2007), la survie a 10 ans est du meme ordre pour le bridge dento-porte et pour la couronne sur implant, environ 89 %. Le choix se fait donc sur votre situation clinique, pas sur une promesse de duree.
Faut-il vraiment tailler les dents voisines pour poser un bridge ?
Oui, le bridge conventionnel impose de preparer les dents qui bordent l’espace, meme saines. Selon Pjetursson et collaborateurs (2007), les complications les plus frequentes des bridges sont biologiques, dont les caries et la perte de vitalite des dents piliers. Cet element compte beaucoup si vos dents voisines sont intactes.
Un fumeur ou un diabetique peut-il avoir un implant ?
Le tabac est un facteur de risque d’echec implantaire (meta-analyse de Chen et collaborateurs, PLoS One, 2013). Le diabete equilibre n’est pas une contre-indication et n’y est pas associe a un sur-risque significatif. Ces facteurs se discutent et se preparent ; ils n’interdisent pas automatiquement l’implant.
Le dentier complet permet-il de bien mastiquer ?
Un dentier complet mastique nettement moins bien que des dents naturelles. Une petite etude in vivo de Sharma et collaborateurs (J Indian Prosthodont Soc, 2017, 12 participants) a mesure une force masticatoire passant d’environ 63 N avec un dentier conventionnel a environ 132 N avec une prothese stabilisee sur deux implants. Ces valeurs illustrent un ordre de grandeur issu d’un seul travail de faible effectif, pas une norme universelle, mais la tendance va clairement vers une meilleure mastication avec une prothese stabilisee sur implants.
Que se passe-t-il pour l'os si je ne remplace pas la dent ?
Apres une extraction, la crete osseuse se resorbe surtout les premiers mois. La revue de Tan et collaborateurs (Clinical Oral Implants Research, 2012) rapporte une perte d’environ 3,8 mm en largeur et 1,2 mm en hauteur a 6 mois. Le volume osseux disponible devient ensuite un critere de choix entre les solutions.
L'os continue-t-il à fondre sous un bridge ou autour d'un implant ?
L’essentiel du remodelage se produit dans l’année qui suit l’extraction. Ensuite, sous la fausse dent d’un bridge, les changements observés sur dix ans sont restés faibles dans une petite étude (Bienz et collaborateurs, 2017), mais le volume perdu ne revient pas. Autour d’un implant en bonne santé, le niveau osseux ne devrait plus diminuer après la cicatrisation, à condition d’un suivi qui dépiste la péri-implantite. Aucune des options ne fait repousser l’os.
Dent sur pivot ou implant : quelle différence ?
La dent sur pivot conserve votre propre racine : la couronne est fixée sur un tenon ancré dans une racine dévitalisée. L’implant, lui, remplace une racine perdue par une racine artificielle insérée dans l’os. Quand la racine est saine et assez solide, sa conservation se discute en premier. Quand elle est fracturée ou trop abîmée, la question devient celle du remplacement, par un implant, un bridge ou une prothèse amovible.
Peut-on remplacer un bridge par un implant plus tard ?
C’est possible, par exemple lorsque le bridge doit être refait ou que ses dents piliers posent problème. Le volume d’os sous la fausse dent est alors réévalué, car l’os perdu avant la pose du bridge ne revient pas, et une greffe peut être nécessaire. Le choix initial n’est donc pas figé, mais chaque nouvelle étape se décide à partir d’un examen et d’une imagerie adaptée.

Sources

Références médicales consultées pour cet article.

  1. 1Pjetursson BE et al., Survie et complications des bridges dento-portes, implanto-portes et couronnes sur implant, Clinical Oral Implants Research, 2007
  2. 2Pjetursson BE et al., Survie et complications des protheses fixes sur implants a 5 ans et plus, Clinical Oral Implants Research, 2012
  3. 3Tan WL et al., Modifications dimensionnelles de la crete apres extraction (revue systematique), Clinical Oral Implants Research, 2012
  4. 4Chen H et al., Tabac, radiotherapie, diabete et osteoporose comme facteurs de risque d'echec implantaire (meta-analyse), PLoS One, 2013
  5. 5McGill Consensus Statement on Overdentures, Gerodontology, 2002
  6. 6York Consensus Statement, prothese mandibulaire sur deux implants, British Dental Journal, 2009
  7. 7Sharma AJ et al., Efficacite masticatoire, dentier conventionnel versus overdenture sur implants, J Indian Prosthodont Soc, 2017
  8. 8Schropp L et al., Cicatrisation osseuse et modifications du contour apres extraction d'une dent (etude prospective a 12 mois), Int J Periodontics Restorative Dent, 2003
  9. 9Bienz SP et al., Modifications volumetriques sous l'element intermediaire d'un bridge, suivi a 10 ans, J Clin Periodontol, 2017
  10. 10Renvert S et al., Sante peri-implantaire, mucosite et peri-implantite : definitions de cas, J Periodontol, 2018
  11. 11Berglundh T et al., Maladies peri-implantaires, rapport de consensus du World Workshop 2017, J Clin Periodontol, 2018
  12. 12Esposito M, Felice P, Worthington HV, Procedures d'augmentation du sinus maxillaire, revue Cochrane, 2014

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