En bref : le panoramique dentaire est une radiographie dentaire prise de l’extérieur de la bouche, qui montre sur une seule image en deux dimensions les dents, les mâchoires, les articulations et une partie des sinus. L’appareil tourne quelques secondes autour de la tête, pour une dose de rayons faible, et l’examen se fait sur indication.
Le panoramique dentaire, aussi appelé orthopantomogramme, est une radiographie qui montre l’ensemble de la bouche sur une seule image : les deux arcades, toutes les dents de droite à gauche, l’os des mâchoires, les articulations et une partie des sinus. C’est un examen de vue d’ensemble, simple et rapide, souvent prescrit pour faire un bilan global, repérer des dents de sagesse ou préparer un traitement. Mais comme toute radiographie, il expose à des rayons X, il a des indications précises et il ne répond pas à toutes les questions. Cet article explique ce qu’est réellement un panoramique, en quoi il diffère d’une petite radio « rétro-alvéolaire » et d’un Cone Beam 3D, comment se pose la question de la dose, dans quelles situations il est utile, et surtout ce qu’il n’apporte pas.
L’objectif n’est pas de présenter le panoramique comme indispensable à chaque consultation, ni comme une image qui « voit tout ». C’est un outil de diagnostic parmi d’autres : il éclaire une décision, il ne soigne pas et il ne garantit aucun résultat. Une information honnête suppose de dire à la fois ce qu’il permet de voir et ce qu’il laisse dans l’ombre, et de rappeler que sa réalisation répond à des règles de justification fondées sur des recommandations internationales.
Qu’est-ce qu’un panoramique dentaire ?
Le panoramique est une radiographie dite « extra-buccale » : l’appareil reste à l’extérieur de la bouche. Une source de rayons X et un capteur tournent ensemble autour de la tête pendant quelques secondes, et l’image se construit au fur et à mesure. Le résultat est une image unique, longue et horizontale, qui « déplie » les deux mâchoires en deux dimensions.

Concrètement, l’examen est bref. On retire bijoux, lunettes et appareils amovibles, on se place debout ou assis dans la machine, on mord doucement sur un petit support pour stabiliser la tête, et on reste immobile cinq à dix secondes le temps de la rotation. Rien à avaler, rien à garder longtemps dans la bouche : c’est souvent plus confortable que les petites radios intra-buccales pour les personnes au réflexe nauséeux marqué. L’image numérique est disponible immédiatement.
Il faut toutefois comprendre une limite de principe : le panoramique est une image en deux dimensions. Il superpose sur un même plan des structures situées à des profondeurs différentes, et il déforme légèrement les volumes. Il donne une excellente vue d’ensemble, mais il ne mesure pas avec précision l’épaisseur de l’os ni la position exacte d’un nerf dans l’espace.
Comment fonctionne l’appareil panoramique dentaire ?
L’appareil se compose en général d’une colonne et d’un bras rotatif. D’un côté du bras se trouve la source de rayons X, de l’autre le capteur. Pendant l’examen, le bras tourne autour de la tête : la source passe derrière la nuque tandis que le capteur défile devant le visage, et l’image se construit bande par bande.

Pour que le cliché soit net, la tête doit être placée avec précision. Selon les modèles, une mentonnière, une petite pièce à mordre et des appuis sur les tempes la maintiennent, et des repères lumineux projetés sur le visage aident à l’aligner. Seule une bande courbe qui suit la forme des arcades, appelée couche focale, apparaît nette : ce qui se trouve trop en avant ou trop en arrière devient flou ou déformé.
C’est pourquoi on vous demande en général de vous tenir droit, de mordre doucement dans la pièce prévue, de placer la langue contre le palais et de ne plus bouger ni avaler pendant la rotation. Une tête mal placée peut donner une image peu lisible, parfois à refaire, ce qui ajoute une exposition.
Certains appareils réunissent dans un même équipement le panoramique en deux dimensions, le Cone Beam en trois dimensions, voire la radiographie du crâne de profil utilisée en orthodontie. C’est alors le mode choisi, selon la question posée, qui détermine l’examen réalisé et la dose reçue. L’équipement varie selon les cabinets dentaires : vous pouvez demander quel examen est prévu, et pourquoi.
Panoramique, rétro-alvéolaire et Cone Beam : quelles différences ?
On confond souvent ces trois examens. Ils ne montrent pas la même chose et n’ont pas les mêmes indications. La radiographie rétro-alvéolaire (cliché intra-buccal) est une petite image très détaillée, centrée sur une ou quelques dents : c’est l’examen de référence pour analyser finement une carie entre deux dents, l’extrémité d’une racine ou un foyer infectieux. Le panoramique offre, lui, une vue large mais moins fine de toutes les arcades. Le Cone Beam (CBCT), enfin, est une imagerie en trois dimensions : il reconstruit un volume que l’on peut explorer dans tous les sens, ce qu’aucune radio 2D ne permet.
Ces examens ne sont pas concurrents mais complémentaires. Les recommandations de l’American Dental Association et de l’American Academy of Oral and Maxillofacial Radiology placent le bilan clinique et la radiographie 2D comme première étape, la 3D n’intervenant qu’en cas de question précise restée sans réponse. Le tableau ci-dessous résume ces différences, sans hiérarchie absolue : chaque examen a son indication.
| Examen | Dimension | Ce qu’il montre bien | Dose de rayons |
|---|---|---|---|
| Rétro-alvéolaire | 2D | Une ou quelques dents en détail : carie, racine, foyer apical | Très faible |
| Panoramique | 2D | Vue d’ensemble des deux arcades, dents de sagesse, bilan global | Faible |
| Cone Beam (CBCT) | 3D | Volume osseux, position des nerfs et des sinus | Plus élevée, variable selon l’appareil |
Le détail de chacun de ces examens est développé par ailleurs : le fonctionnement des capteurs et de la radio sans film dans La radiographie numérique au cabinet dentaire, et l’imagerie 3D dans Le Cone Beam (CBCT) : l’imagerie 3D au cabinet.
Radio rétro-alvéolaire : comment se passe ce petit cliché ?
La radio rétro-alvéolaire se prend avec un petit capteur placé dans la bouche, derrière les dents à examiner, côté langue ou côté palais. D’où son nom : le capteur se trouve en arrière de l’alvéole, l’os qui entoure la racine. Vous le maintenez en mordant sur un support, l’appareil est approché de la joue, et le cliché ne prend qu’un instant. L’image s’affiche ensuite à l’écran et montre la dent entière, de la couronne jusqu’à l’extrémité de la racine. Elle diffère du cliché dit « rétro-coronaire », qui montre ensemble les couronnes du haut et du bas pour rechercher les caries entre les dents.
Ce cliché peut être répété au cours d’un même traitement, par exemple pendant une dévitalisation pour contrôler le travail sur les canaux, ce que permet sa dose très faible. Le capteur peut gêner un peu, surtout au fond de la bouche ou si vous avez facilement des haut-le-cœur : dites-le, sa position peut être adaptée.
La question de la dose : justification et optimisation
Le panoramique délivre des rayons X, mais à une dose qui reste faible. La revue de doses en imagerie dentaire publiée par Lee et Badal (2010-2020), en libre accès, rapporte une dose efficace moyenne d’environ 18 µSv pour un panoramique (de l’ordre de 3 à 75 µSv selon l’appareil), contre environ 1 µSv pour une rétro-alvéolaire et autour de 120 µSv pour un CBCT. Autrement dit, un panoramique représente à peu près l’exposition de quelques jours de rayonnement naturel : nous recevons en effet en permanence une « radioactivité de fond » d’origine naturelle, dont l’aide-mémoire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu’elle constitue l’essentiel de notre exposition annuelle.
Que la dose soit faible ne signifie pas qu’elle soit négligeable, ni qu’un panoramique se justifie en toute circonstance. Sa prescription suit deux principes hérités de la radioprotection.
Le principe de justification veut qu’un examen ne soit réalisé que si le bénéfice diagnostique attendu l’emporte sur le risque lié aux rayons. L’OMS résume ce principe ainsi : toute décision qui modifie l’exposition d’une personne aux rayonnements doit faire plus de bien que de mal. Un panoramique « de routine », sans signe d’appel ni question clinique, ne respecte donc pas cette règle.
Le principe d’optimisation consiste à délivrer la dose la plus basse compatible avec une image utile au diagnostic : c’est le principe ALARA (« aussi bas que raisonnablement possible »). Cette exigence est particulièrement importante chez l’enfant, plus sensible aux rayonnements, pour qui la FDA et l’American Dental Association recommandent de n’imager que lorsque c’est nécessaire et d’adapter les réglages. La justification s’apprécie toujours au cas par cas, après un examen clinique.
Dans quelles situations un panoramique est-il utile ?
Le panoramique trouve son intérêt dès qu’une vue d’ensemble apporte une information que les petits clichés ne donnent pas. Plusieurs indications sont bien établies, toujours dans le cadre d’une prescription justifiée.

- Les dents de sagesse. Le panoramique est l’examen de première intention pour visualiser la position des dents de sagesse, repérer une dent incluse et apprécier ses rapports avec les structures voisines avant de décider d’une extraction.
- Le bilan avant implant. Avant la pose d’un implant, le panoramique sert d’examen initial pour une première évaluation de l’os et du contexte ; lorsqu’une mesure précise du volume osseux est nécessaire, il est complété par un CBCT. Les étapes complètes sont décrites dans notre guide sur la pose d’un implant dentaire.
- Le bilan global. Kystes, dents incluses, état de l’os autour des dents, anomalies de développement : le panoramique aide à un repérage d’ensemble, par exemple lors d’un premier bilan orthodontique ou d’une mise au point générale.
- Le suivi de l’enfant. Au moment où apparaissent les dents définitives, il peut aider à vérifier la présence et la position des germes dentaires lorsque l’examen clinique le justifie.
Ce que le panoramique n’apporte pas
Une présentation honnête de cet examen suppose d’en dire aussi les limites. Le panoramique est un outil de vue d’ensemble, pas une image qui « voit tout ».
Il détecte mal les petites caries, en particulier entre les dents. Une étude comparative de Kamburoğlu et coll. (2012) a montré que la radiographie rétro-coronaire (bitewing intra-buccal) est supérieure au panoramique pour diagnostiquer les caries des dents postérieures. Pour la carie débutante, le panoramique ne remplace donc pas les petits clichés ciblés ; le diagnostic et le traitement de la carie sont détaillés dans La carie dentaire chez l’adulte.
Il ne donne pas le détail d’une seule dent. Pour analyser finement l’extrémité d’une racine, suivre un traitement de la racine (dévitalisation) ou explorer une douleur localisée, la rétro-alvéolaire reste plus précise.
Il ne mesure pas en trois dimensions. Parce qu’il aplatit le relief, le panoramique ne mesure pas avec fiabilité l’épaisseur de l’os ni la position exacte d’un nerf. Lorsque cette information conditionne un geste chirurgical, c’est le CBCT qui prend le relais. C’est le cas, par exemple, pour la pose d’implants, lorsqu’une mesure précise du volume osseux est nécessaire.
Enfin, il ne garantit aucun résultat. Une image, même de bonne qualité, éclaire une décision : elle ne supprime ni les aléas d’un traitement, ni la nécessité d’un examen clinique et d’un suivi. Le panoramique aide à comprendre une situation ; il ne la résout pas à lui seul.
En résumé
Le panoramique dentaire est une radiographie de vue d’ensemble, simple, rapide et bien tolérée, qui montre les deux arcades sur une seule image en deux dimensions. Il est utile pour les dents de sagesse, le bilan initial avant implant, le bilan global et le suivi de l’enfant, à une dose de rayons faible — de l’ordre de quelques jours de rayonnement naturel.
Mais ce n’est ni un examen de routine, ni une image qui voit tout. Il détecte mal les petites caries, ne donne pas le détail d’une dent isolée et ne mesure pas en trois dimensions : selon la question posée, la rétro-alvéolaire ou le Cone Beam restent plus adaptés. Sa réalisation suit deux principes — la justification, qui le réserve aux cas où le bénéfice dépasse le risque lié aux rayons, et l’optimisation, qui vise la dose la plus basse compatible avec un diagnostic fiable. Au cabinet de la Dr Fatima Azelmat à Kénitra, l’imagerie est utilisée dans ce cadre : un outil prescrit lorsqu’il est utile, au service d’une décision réfléchie.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un panoramique dentaire et une petite radio ?
Le panoramique dentaire est-il dangereux ? Quelle dose de rayons reçoit-on ?
Un panoramique permet-il de voir les caries ?
Faut-il un panoramique ou un Cone Beam avant un implant ?
Le panoramique dentaire est-il adapté aux femmes enceintes et aux enfants ?
Combien de temps dure un panoramique dentaire ?
Le panoramique dentaire est-il une image en 2D ou en 3D ?
Sources
Références médicales consultées pour cet article.
- 1FDA & American Dental Association, ADA/FDA Guide to Patient Selection for Dental Radiographs (justification, dose minimale, sensibilité des enfants)
- 2Lee et Badal 2021, A Review of Doses for Dental Imaging in 2010–2020 and Development of a Web Dose Calculator, Radiology Research and Practice (PMC, libre accès)
- 3Kamburoğlu et coll. 2012, Proximal caries detection accuracy using intraoral bitewing, extraoral bitewing and panoramic radiography, Dentomaxillofac Radiol (PubMed)
- 4OMS, Ionizing radiation and health effects (aide-mémoire, 27 juillet 2023)
- 5OMS, Justification and optimization in medical imaging (principes de radioprotection)
- 6American Dental Association & AAOMR 2025, Patient selection for dental radiography and cone-beam computed tomography, JADA
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