Enfant & orthodontie

Dents de travers : causes chez l'enfant et l'adulte

Dents de travers chez l'enfant ou l'adulte : manque de place, hérédité, pouce… Comprendre les causes, quand consulter et les solutions possibles.

Relecture clinique en attenteMis à jour le

Gros plan d’un sourire détendu laissant voir des dents du haut et du bas mal alignées et qui se chevauchent
Photo d’illustration avec modèles, sans lien avec les patients ou l’équipe du cabinet. Towfiqu barbhuiya / Pexels
En bref
Dents de travers chez l'enfant ou l'adulte : manque de place, hérédité, pouce… Comprendre les causes, quand consulter et les solutions possibles.

Les dents mal alignées sont très fréquentes. Certaines personnes ont des dents qui se chevauchent, d’autres une dent qui avance, qui tourne ou qui reste en retrait. Les dents de travers résultent souvent de plusieurs facteurs plutôt que d’une cause unique. Voici les facteurs les plus courants et les situations qui méritent un bilan.

L’hérédité : un facteur important

La forme de vos mâchoires et la taille de vos dents sont en grande partie héritées de vos parents. Si la mâchoire est trop petite par rapport aux dents, celles-ci manquent de place pour pousser droit et se tassent les unes contre les autres. Ce phénomène s’appelle le manque de place ou encombrement dentaire. On peut aussi hériter d’un décalage entre les deux mâchoires (celle du bas trop en avant ou trop en arrière), qui déséquilibre l’alignement.

Arcade dentaire encombrée entourée de différence entre taille des dents et mâchoire, succion, perte précoce d’une dent de lait, dent absente ou en trop, éruption anormale et dent de sagesse incertaine.
L’alignement résulte de la croissance, de la taille des dents, de l’espace disponible et de l’éruption. Les dents de sagesse n’expliquent pas automatiquement l’encombrement antérieur. Illustration pédagogique générée par IA, causes schématisées.

La génétique contribue fréquemment à l’encombrement et aux décalages des mâchoires. On ne peut pas modifier cet héritage, mais un bilan permet d’évaluer les options adaptées.

Les habitudes de l’enfance

Certains gestes répétés ou certaines fonctions pendant l’enfance peuvent contribuer à modifier la croissance des mâchoires et la position des dents :

  • Sucer son pouce : la pression répétée pousse les dents du haut vers l’avant.
  • La tétine gardée trop longtemps : même effet que le pouce si l’habitude persiste après 3-4 ans.
  • La déglutition atypique : certains enfants avalent en poussant la langue contre les dents, ce qui les déplace vers l’avant.
  • La respiration par la bouche : elle peut être associée à une posture différente de la langue et à certaines formes de mâchoire. Une obstruction nasale persistante mérite aussi un avis médical ; l’orthodontie ne remplace pas ce bilan.

Ces habitudes n’entraînent pas systématiquement des dents de travers si elles cessent tôt. Prolongées, en revanche, elles peuvent créer ou aggraver un problème.

La perte prématurée des dents de lait

Quand une dent de lait tombe trop tôt — à cause d’une carie ou d’un choc — les dents voisines ont tendance à glisser vers l’espace vide. Lorsque la dent définitive arrive, elle ne trouve plus assez de place et pousse de travers.

C’est pourquoi il est important de soigner les dents de lait, même si elles finiront par tomber : elles gardent la place des définitives. Ce point est développé dans notre article sur les premières dents de bébé.

Les dents qui manquent ou qui sont en trop

Parfois, une dent définitive ne se forme jamais : on parle d’agénésie. Les dents voisines se déplacent alors pour combler le vide. À l’inverse, il peut exister une dent surnuméraire (en trop) qui bouscule l’alignement des autres. Ces situations, souvent repérées sur une radiographie, demandent un suivi particulier.

Les dents de sagesse

Les dents de sagesse, dernières molaires, apparaissent souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Quand la place manque, elles peuvent rester incluses ou pousser de biais. Elles ne sont pas considérées comme une cause prouvée de l’encombrement des incisives à elles seules ; une dent douloureuse, incluse ou mal placée mérite toutefois d’être évaluée.

Quelles conséquences pour des dents mal alignées ?

Au-delà de l’aspect esthétique, des dents qui se chevauchent peuvent créer des recoins difficiles à brosser et faciliter l’accumulation de plaque, avec un risque de carie ou d’inflammation des gencives — voir notre page de parodontologie à Kénitra. Selon le cas, un mauvais alignement peut aussi gêner la mastication ou exposer une dent proéminente aux chocs. Ces conséquences ne sont pas identiques pour tout le monde : l’examen distingue un simple décalage esthétique d’un problème fonctionnel ou d’hygiène.

Deux arcades irrégulières montrent d’un côté plaque retenue, contacts inégaux et gencive fragile, et de l’autre une situation propre et stable, évaluée selon hygiène, fonction, gencives et attentes.
Des dents de travers ne sont pas forcément malades. La correction se discute si l’hygiène, la fonction, les gencives, le risque de traumatisme ou la gêne du patient le justifient. Illustration pédagogique générée par IA, comparaison non diagnostique.

Faut-il toujours corriger des dents de travers ?

Pas nécessairement. Si les dents fonctionnent bien, ne font pas mal et que vous vous sentez à l’aise, un traitement n’est pas obligatoire. Mais lorsqu’elles gênent le brossage, la mastication ou le bien-être, une correction devient utile — autant pour la santé que pour l’esthétique.

Quelles solutions pour redresser les dents ?

Le traitement dépend de l’âge et de la cause :

Examen, photos, sondage gingival et imagerie mènent vers surveillance, gestion d’espace chez l’enfant, bagues, aligneurs, camouflage restaurateur ou soins pluridisciplinaires, puis contention.
Le plan dépend du diagnostic et des objectifs : surveiller peut être juste, comme traiter par bagues ou aligneurs. La contention stabilise le résultat. Illustration pédagogique générée par IA, options non exhaustives sans promesse esthétique.
  • Chez l’enfant, un premier bilan vers 7-8 ans permet de repérer un problème en formation. Certains appareils précoces guident la croissance des mâchoires ou récupèrent de la place.
  • Chez l’adolescent et l’adulte, les bagues (appareils fixes) restent la référence pour les cas complexes.
  • Les aligneurs transparents (gouttières amovibles) corrigent efficacement de nombreux encombrements légers à modérés, de façon discrète.
  • Après tout traitement, une contention (fil collé derrière les dents ou gouttière de nuit) est indispensable : sans elle, les dents ont tendance à revenir vers leur position d’origine.

Seul un orthodontiste ou votre dentiste peut évaluer la situation et proposer la solution adaptée. Pour faire le point, vous pouvez prendre rendez-vous.

Peut-on prévenir les dents de travers ?

On ne change pas l’hérédité, mais on peut limiter certains facteurs aggravants : aider l’enfant à arrêter progressivement le pouce et la tétine, faire évaluer une respiration buccale persistante, soigner les dents de lait pour préserver la place, et consulter en cas de doute. Un bilan précoce ne conduit pas systématiquement à un appareil ; il permet surtout d’identifier les situations où une intervention au bon moment peut être utile.

En résumé

Les dents de travers viennent le plus souvent d’un manque de place héréditaire, parfois aggravé par des habitudes comme le pouce, la tétine ou la respiration buccale, ou par la perte prématurée d’une dent de lait. Au-delà de l’esthétique, elles peuvent compliquer l’hygiène et la mastication. Un bilan dès l’enfance — vers 7-8 ans — permet d’anticiper, et plusieurs solutions (bagues, aligneurs, contention) existent à tout âge pour retrouver un alignement sain.

Questions fréquentes

Est-ce qu'on peut avoir des dents de travers même avec une bonne hygiène ?
Oui. Une bonne hygiène ne garantit pas un alignement parfait : la taille des dents et des mâchoires, l’éruption et certaines habitudes peuvent intervenir. Elle reste essentielle, car des caries, une maladie des gencives ou une perte dentaire peuvent aussi modifier indirectement la position des dents.
À quel âge peut-on consulter un orthodontiste ?
Le premier bilan orthodontique est conseillé vers 7-8 ans. À cet âge, le spécialiste voit si un problème est en train de se former et peut intervenir plus tôt si nécessaire.
Les dents de travers reviennent-elles après un traitement ?
Oui, si la contention (fil ou gouttière de maintien) n’est pas portée après les bagues. La contention est indispensable pour stabiliser le résultat.
Les aligneurs transparents fonctionnent-ils aussi bien que les bagues ?
Ils peuvent convenir à de nombreux cas, mais leur efficacité dépend des mouvements nécessaires et du temps de port. Certains cas sont mieux pris en charge avec un appareil fixe ou une autre approche. Seul un bilan permet de comparer les options.

Sources

Références médicales consultées pour cet article.

  1. 1American Association of Orthodontists, First orthodontic check-up by age 7
  2. 2NHS, Braces and orthodontics
  3. 3Assurance Maladie (ameli.fr), Suivi médical de l'enfant de 4 à 10 ans
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