Parodontologie

Parodontite ou gingivite : comprendre la différence

Parodontite vs gingivite : la gingivite est réversible ; la parodontite entraîne une perte d'attache et d'os irréversible. Stades, grades et santé générale.

Relecture clinique en attenteMis à jour le

Mains gantées pointant un instrument dentaire vers la gencive d’un modèle de mâchoire, dans un cabinet clair et épuré
Photo d’illustration avec modèles, sans lien avec les patients ou l’équipe du cabinet. Cedric Fauntleroy / Pexels
En bref
La gingivite est réversible et limitée à la gencive ; la parodontite atteint l'os de soutien et reste irréversible. Le point clinique.

La distinction tient en une phrase. La gingivite est une inflammation limitée à la gencive, réversible quand la plaque dentaire est éliminée ; la parodontite atteint en plus les tissus de soutien profonds et l’os, avec une perte d’attache et une perte osseuse qui, elles, ne se réparent pas spontanément. Autrement dit, une gingivite bien prise en charge revient à la normale, alors qu’une parodontite peut être stabilisée mais laisse des dégâts définitifs sur l’os. Cette frontière, soulignée par l’Assurance Maladie (ameli.fr), n’est pas une nuance de vocabulaire : elle conditionne le traitement, le pronostic et le suivi.

Ces deux affections forment ce que l’on appelle la maladie parodontale, c’est-à-dire les maladies des tissus qui entourent et soutiennent la dent. Comprendre où s’arrête l’une et où commence l’autre aide à consulter au bon moment, idéalement tant que les lésions sont encore réversibles.

En cas de saignement, de rétraction gingivale ou de dents mobiles, la page parodontologie à Kénitra présente le bilan, les traitements proposés et la prise de rendez-vous.

Gingivite ou parodontite : quelle est la différence exacte ?

La gencive saine est rose, ferme, et ne saigne pas au brossage. Lorsque la plaque dentaire, un biofilm bactérien, s’accumule au collet des dents, elle déclenche une inflammation. C’est la gingivite.

Trois coupes alignées montrent gencive saine et os stable, gingivite rouge avec plaque et saignement sans perte d’attache, puis parodontite avec poche profonde, migration de l’attache et perte d’os de soutien.
La gingivite reste limitée à la gencive et peut régresser avec le contrôle du biofilm. La parodontite détruit l’attache et l’os : elle se stabilise, mais ce soutien perdu ne revient pas spontanément. Illustration pédagogique générée par IA, stades simplifiés sans diagnostic.

À ce stade, l’atteinte reste superficielle. La gencive est rouge, gonflée, et saigne facilement, mais l’os et le ligament qui tiennent la dent ne sont pas touchés. Selon ameli.fr, au stade de la gingivite la maladie est réversible : si la cause, la plaque, est retirée, la gencive cicatrise.

La parodontite correspond à une étape plus avancée. L’inflammation gagne en profondeur et atteint l’ensemble des tissus de soutien, ce que les chirurgiens-dentistes appellent le parodonte : gencive, ligament alvéolo-dentaire, cément et os alvéolaire. Toujours selon ameli.fr, l’os de soutien des dents commence alors à se détériorer, ce qui peut aboutir, à terme, à la perte des dents par dégradation de l’os.

Ce qui rend la parodontite irréversible

La différence clé est là. La gingivite ne détruit pas de structure : elle est réversible. La parodontite, elle, entraîne une perte d’attache et une perte osseuse. L’os alvéolaire ne se reconstitue pas tout seul une fois résorbé. Le traitement vise donc à arrêter la destruction et à stabiliser la situation, non à reconstruire spontanément ce qui a été perdu.

C’est aussi pourquoi il faut se méfier des formulations trop optimistes. Dire que les gencives ou l’os repoussent après traitement est inexact comme règle générale. Dans des cas sélectionnés, des techniques de régénération peuvent permettre un gain partiel, par exemple sur certains défauts osseux ou certaines récessions, mais ce n’est ni systématique ni une repousse naturelle.

La poche parodontale, signe distinctif

En l’absence de maladie, le sillon entre la gencive et la dent est peu profond. Quand l’attache se détruit, ce sillon se creuse et forme une poche parodontale, mesurée au sondage par le praticien. La présence de poches profondes, associée à une perte osseuse à la radiographie, signe la parodontite. La gingivite, elle, peut donner un faux aspect de poche par gonflement de la gencive, mais sans perte d’attache réelle.

Différence entre gingivite et parodontite : le tableau

La différence entre gingivite et parodontite tient à la profondeur de l’atteinte. La gingivite reste dans la gencive et se répare ; la parodontite atteint l’os et laisse des pertes qui ne reviennent pas d’elles-mêmes. Le tableau résume ce qui les distingue.

Critère Gingivite Parodontite
Tissus atteints La gencive seule Gencive, ligament, cément et os de soutien
Signes Gencive rouge, gonflée, qui saigne facilement Mêmes signes, avec des poches au sondage et une perte d’os à la radiographie
Évolution Réversible quand la plaque est retirée Perte d’attache et d’os qui ne se répare pas spontanément ; la maladie peut être stabilisée
Traitement Hygiène, nettoyage entre les dents, détartrage Démarche par étapes, dont le nettoyage sous la gencive
Suivi Contrôles habituels Maintenance à un intervalle adapté au risque

La gingivite évolue-t-elle toujours en parodontite ?

Non, et c’est un point souvent mal compris. La parodontite résulte le plus souvent d’une gingivite non traitée : selon ameli.fr, lorsque la gingivite n’est pas traitée, elle peut évoluer vers la parodontite. Mais toute gingivite n’évolue pas vers une parodontite.

La gingivite précède la parodontite, sans en être le passage obligé. La progression dépend de la susceptibilité individuelle : terrain génétique, réponse immunitaire, tabac, diabète, hygiène. Deux personnes avec la même gingivite peuvent connaître des évolutions différentes. Cela invite à la prudence dans les deux sens : ne pas dramatiser une gingivite isolée, mais ne pas la négliger non plus, car on ne sait pas à l’avance qui basculera.

Pour comprendre concrètement les premiers signaux d’alerte, notre article sur les gencives qui saignent et la conduite à tenir détaille les situations qui justifient un avis sans attendre.

Quels sont les facteurs de risque de la maladie parodontale ?

Le facteur déclenchant principal est la plaque dentaire. Mais plusieurs éléments augmentent le risque ou aggravent l’évolution.

  • Hygiène bucco-dentaire insuffisante. L’OMS cite la mauvaise hygiène parmi les principaux facteurs de risque.
  • Tabac. Le tabagisme est un facteur de risque majeur, mentionné par l’OMS, et il complique aussi la cicatrisation après traitement.
  • Diabète. Un diabète mal équilibré favorise et aggrave la parodontite.
  • Autres facteurs. L’Assurance Maladie cite notamment l’alcool, certaines immunodépressions, certains médicaments et des déséquilibres hormonaux ou nutritionnels.

Le tabac mérite une attention particulière en chirurgie parodontale. Il masque parfois le saignement, ce qui peut donner une fausse impression de gencive saine, tout en accélérant la perte osseuse en arrière-plan.

Une bonne maîtrise du biofilm reste le socle de la prévention. Notre repère sur l’hygiène dentaire au quotidien précise la méthode et la fréquence du brossage, ainsi que le nettoyage entre les dents, qui est ici déterminant.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic ne repose pas sur l’apparence seule. Il associe un examen clinique et, dans la parodontite, une imagerie.

Le sondage parodontal mesure la profondeur des poches autour de chaque dent et recherche le saignement. La radiographie évalue le niveau osseux. Quand un bilan précis est nécessaire, notamment avant une décision chirurgicale ou implantaire, l’imagerie tridimensionnelle apporte une lecture détaillée des volumes osseux. Au cabinet, à Kénitra, nous disposons d’un Cone Beam Durr Dental qui permet cette analyse fine lorsque le cas le justifie.

Un point important : la parodontite est souvent silencieuse à ses débuts. La douleur n’est pas un bon indicateur précoce. Les premiers signes sont plutôt des saignements, une gencive qui se rétracte, une mauvaise haleine persistante ou une sensation de dents qui bougent. La mauvaise haleine et ses causes buccales peuvent d’ailleurs accompagner une maladie parodontale et justifient un examen.

Lire son propre examen : poches en mm, saignement, mots de la radio

Après un bilan parodontal, on repart parfois avec une fiche couverte de chiffres, ou avec un compte rendu de radiographie écrit dans un vocabulaire technique. Voici comment les lire. Les valeurs ci-dessous forment un exemple fictif, pas un résultat réel.

Un examen parodontal à plusieurs sites combine poches, saignement, plaque, mobilité et récession avec comparaison radiographique ; tabac, diabète, hygiène, susceptibilité, âge et progression modulent sévérité et vitesse.
Le diagnostic ne repose pas sur un seul saignement : il mesure la destruction déjà présente, la complexité et le risque de progression. Illustration pédagogique générée par IA, logique de classification simplifiée sans stade ni grade individuel.

Le sondage, concrètement

La sonde parodontale est une tige fine, graduée en millimètres, au bout arrondi. Le praticien la glisse doucement entre la gencive et la dent, en plusieurs points autour de chaque dent, et note la profondeur mesurée. La sensation est surtout celle d’une pression. Là où la gencive est enflammée, elle peut être plus sensible et saigner un peu : c’est justement ce que l’examen recherche. Si le geste vous gêne, dites-le.

La fiche de sondage : un exemple à comparer avec la vôtre

Les dents sont désignées par deux chiffres : le premier indique le quart de la bouche, le second la place de la dent en partant du milieu. La dent 36 est ici une molaire du bas, à gauche.

Dent 36 (exemple fictif) Point 1 Point 2 Point 3
Côté joue 3 5 + 4 +
Côté langue 4 6 + 3

Dans cet exemple, le signe + marque un saignement au sondage, la mobilité est notée 1 et la récession côté joue mesure 2 mm.

  • Les chiffres sont des profondeurs en millimètres. Après traitement, l’objectif retenu par la Fédération européenne de parodontologie (EFP) est la stabilité : des poches de 4 mm au plus, aucune poche de 4 mm qui saigne, et un saignement sur moins d’un point mesuré sur dix.
  • Une poche de 5 mm dépasse ce seuil. Une poche de 6 mm ou plus est une poche profonde, l’un des critères de complexité du stade III dans la classification de 2018.
  • Le saignement au sondage, souvent noté par un point rouge ou un signe +, indique une inflammation active à cet endroit.
  • La récession mesure de combien la gencive a reculé sur la racine. Ajoutée à la profondeur de la poche, elle donne la perte d’attache, qui sert à fixer le stade : 1 à 2 mm pour un stade I, 3 à 4 mm pour un stade II, 5 mm ou plus pour les stades III et IV.
  • La mobilité est notée en degrés : plus le chiffre est élevé, plus la dent bouge. Une mobilité de degré 2 ou plus fait partie des éléments qui orientent vers un stade IV.

Lecture de l’exemple : deux points dépassent l’objectif de stabilité (5 et 6 mm) et un point de 4 mm saigne. Cette dent relève d’un traitement, puis d’une nouvelle mesure.

Les mots du compte rendu radiologique

  • Alvéolyse : perte de l’os qui entoure les racines. L’alvéole est la loge osseuse dans laquelle la dent est tenue.
  • Alvéolyse horizontale : le niveau de l’os a baissé de façon à peu près régulière sur plusieurs dents.
  • Alvéolyse verticale, ou angulaire : l’os s’est creusé le long d’une racine, en formant une sorte de cratère que l’on appelle aussi défaut infra-osseux. Une perte verticale de 3 mm ou plus fait partie des critères du stade III.
  • Atteinte de furcation : perte d’os entre les racines d’une molaire.
  • Tiers coronaire, tiers moyen : l’endroit où s’arrête la perte d’os, rapporté à la longueur de la racine. Une perte limitée au tiers le plus proche de la couronne correspond aux stades I et II ; une perte qui atteint le tiers moyen de la racine, ou au-delà, aux stades III et IV.

Quelles images, et pourquoi

Selon l’Assurance Maladie, le bilan peut associer un panoramique dentaire, qui donne une vue d’ensemble des deux arcades, et une série de clichés « long cône », les petites radiographies rétro-alvéolaires, qui précisent l’étendue et la sévérité des pertes osseuses. Le Cone Beam, ou CBCT, n’est pas un examen de routine pour évaluer l’os de soutien : les lignes directrices européennes le réservent à des cas choisis, comme certains défauts osseux ou atteintes de furcation, lorsque l’examen clinique et les radiographies classiques ne suffisent pas pour décider du traitement. Une analyse bactérienne n’est demandée que dans certains cas ; elle ne fait pas partie des critères qui fixent le stade et le grade.

Le stade et le grade, en mots simples

Le stade répond à la question « jusqu’où la maladie est-elle allée ? ». Il se lit sur la perte d’attache, la perte d’os, les dents déjà perdues et la complexité du traitement. Le grade répond à la question « à quelle vitesse, et avec quels facteurs aggravants ? ». Il tient compte de la perte d’os rapportée à l’âge, du tabac et du diabète. Les définitions sont détaillées dans la section suivante.

Ce que vous devriez comprendre en sortant

À la fin d’un bilan parodontal, vous devriez pouvoir répondre à quatre questions : quelles dents sont touchées, et à quel point ; quels sont le stade et le grade de la maladie, dits avec des mots simples ; quels facteurs pèsent dans votre cas ; quelles étapes sont proposées, et dans quel ordre. Si l’un de ces points reste flou, demandez à le revoir. Ce que comprend le bilan au cabinet est décrit sur la page bilan dentaire.

La classification EFP/AAP 2018 : stades et grades

La classification de référence a été révisée lors de l’atelier international de 2017, publiée en 2018 par l’EFP et l’AAP. Elle a remplacé les anciennes catégories de parodontite chronique et agressive par un système à deux axes, présenté en français par L’Information Dentaire d’après les travaux de Caton et coll.

  • Les stades, de I à IV, décrivent la sévérité et la complexité de la prise en charge. Le stade I correspond à une parodontite débutante ; le stade IV à une atteinte avancée avec des conséquences fonctionnelles importantes.
  • Les grades, A, B et C, décrivent la vitesse de progression et le risque évolutif. Le grade A correspond à une progression lente, le grade C à une progression rapide, en intégrant des indicateurs comme le tabac et le diabète.

Cette double lecture est utile au quotidien : deux patients au même stade peuvent relever de grades différents, donc d’un suivi plus ou moins rapproché.

Tableau de synthèse

Critère Gingivite Parodontite
Tissus atteints Gencive uniquement Gencive, ligament et os de soutien
Perte osseuse Non Oui
Réversibilité Réversible Irréversible (stabilisable)
Poches parodontales Non (gonflement possible) Oui, avec perte d’attache
Classification Selon l’étendue de l’inflammation Stades I à IV et grades A à C (EFP/AAP 2018)
Objectif du traitement Retour à la normale Arrêter la progression et stabiliser

Maladie parodontale et santé générale : que dit la recherche ?

La bouche n’est pas isolée du reste de l’organisme. Deux liens sont aujourd’hui bien documentés, mais ils doivent être présentés avec exactitude.

L’échelle commence par brossage et nettoyage interdentaire ; la gingivite rejoint nettoyage professionnel et santé, tandis que la parodontite ajoute débridement sous-gingival, facteurs de risque, réévaluation, soins ciblés éventuels et maintenance.
La gingivite et la parodontite partagent le contrôle du biofilm, mais la seconde demande un traitement sous-gingival et une maintenance durable. Illustration pédagogique générée par IA, stratégie en paliers sans garantie de régénération ni prescription.

Le lien avec le diabète

Selon l’EFP, la relation entre parodontite et diabète est bidirectionnelle. Les personnes diabétiques ont environ trois fois plus de risque de développer une maladie parodontale, et inversement la parodontite peut compliquer l’équilibre du diabète. L’OMS décrit également ce lien de façon réciproque. L’EFP indique par ailleurs que le traitement parodontal peut contribuer à améliorer le contrôle glycémique. Cette amélioration est qualitative ; nous ne citons pas de chiffre précis, faute d’une source primaire vérifiée sur ce point.

Le lien avec les maladies cardiovasculaires

L’EFP et la World Heart Federation, dans leur rapport de 2020, décrivent une association forte et indépendante entre parodontite sévère et maladies cardiovasculaires. Il faut être précis sur le statut de cette donnée : il s’agit d’une association, pas d’une causalité démontrée. La parodontite est associée à un risque accru, ce qui ne signifie pas qu’elle cause à elle seule un infarctus ou un AVC.

Enfin, l’OMS rappelle que les maladies parodontales sévères sont très fréquentes, avec plus d’un milliard de cas dans le monde, et qu’elles figurent parmi les grandes causes de perte des dents. C’est ce qui justifie de les prendre au sérieux tôt.

Comment traite-t-on la gingivite et la parodontite ?

Les deux situations ne se traitent pas de la même façon, mais elles partagent un socle : le contrôle du biofilm.

Gingivite

Le traitement est simple dans son principe. Il associe une hygiène rigoureuse, l’apprentissage du brossage et du nettoyage interdentaire, et l’élimination du tartre par détartrage. Comme la lésion est réversible, la gencive retrouve généralement un état sain.

Parodontite

La prise en charge suit une démarche par étapes, telle que décrite par le guide de traitement de l’EFP, dans sa version dédiée aux stades I à III publiée en 2020.

  1. Contrôle du biofilm et des facteurs de risque. Hygiène, motivation, sevrage tabagique, équilibre du diabète.
  2. Instrumentation sous-gingivale non chirurgicale. Le détartrage et le surfaçage radiculaire nettoient la surface des racines sous la gencive. L’acte est réalisé sous anesthésie locale ; l’inconfort est généralement modéré et limité, avec parfois une sensibilité passagère ensuite.
  3. Chirurgie des poches résiduelles, lorsque certaines poches persistent malgré la phase précédente. Notre plateau chirurgical, avec piézochirurgie, permet une approche précise dans ces cas sélectionnés.
  4. Thérapie parodontale de soutien. Une maintenance régulière, à un intervalle personnalisé souvent compris entre trois et six mois selon le risque, pour éviter la reprise de la maladie.

Une mise au point s’impose sur certaines promesses entendues ailleurs. Le laser est parfois présenté comme une alternative indolore à la chirurgie. Selon le guide de l’EFP, la base du traitement reste le contrôle du biofilm et l’instrumentation sous-gingivale ; le laser n’est, au mieux, qu’un complément dont le bénéfice additionnel reste incertain. De même, aucun traitement ne peut être qualifié d’indolore de façon absolue.

La gencive repousse-t-elle après un surfaçage ?

Non, pas au sens d’une repousse. Après un détartrage et surfaçage radiculaire, l’inflammation diminue et la gencive dégonfle en se resserrant autour des dents. Elle peut alors paraître un peu plus basse et laisser voir davantage de racine, avec parfois une sensibilité passagère. Ce n’est pas le soin qui a fait reculer la gencive : c’est le gonflement qui a disparu.

La gencive déjà perdue ne revient pas d’elle-même. Dans des cas sélectionnés, une chirurgie peut recouvrir une partie d’une récession gingivale, une fois la maladie stabilisée. Le résultat dépend de la situation de chaque dent.

Bain de bouche et nettoyages professionnels : quelle place ?

Face à une inflammation des gencives, le bain de bouche est souvent le premier réflexe. Il ne remplace pourtant ni le brossage ni le nettoyage entre les dents : la plaque dentaire forme un biofilm accroché aux dents, qui doit être retiré mécaniquement. Selon ameli.fr, le praticien peut prescrire des bains de bouche antiseptiques en complément du traitement, pas à sa place. Notre article sur le bain de bouche détaille leurs usages et leurs limites.

Les nettoyages professionnels, eux, font partie du traitement des deux maladies des gencives. Pour la gingivite, le détartrage retire le tartre que la brosse ne peut plus enlever. Pour la parodontite, le nettoyage se fait aussi sous la gencive, puis des séances de maintenance régulières permettent de retirer à nouveau la plaque et le tartre, de mesurer la profondeur des poches et de repérer tôt un saignement des gencives qui reprendrait.

Un objectif réaliste : stabiliser, pas guérir

La parodontite est une maladie chronique. L’objectif n’est pas une guérison au sens strict mais une stabilisation durable, ce qui suppose un suivi à long terme. C’est une bonne nouvelle bien comprise : avec une prise en charge adaptée et une maintenance suivie, on peut conserver ses dents longtemps malgré une parodontite, à condition de rester régulier.

Lorsque des dents ont déjà été perdues et qu’un remplacement est envisagé, l’état parodontal conditionne directement les options. Une parodontite doit être stabilisée avant tout projet implantaire, et la qualité de l’os entre en jeu, comme nous l’expliquons dans notre article sur les étapes de la pose d’un implant dentaire.

En résumé

La gingivite et la parodontite ne sont pas deux noms pour la même chose. La première est une inflammation réversible de la gencive ; la seconde est une atteinte profonde, avec perte osseuse irréversible, classée par stades et par grades depuis 2018. Le facteur déclenchant commun est la plaque dentaire, et des facteurs comme le tabac et le diabète pèsent lourd sur l’évolution. Plus le diagnostic est précoce, plus on a de chances d’agir tant que tout est encore réversible. En cas de gencives qui saignent, de rétraction ou de dents mobiles, un examen permet de situer précisément où l’on en est et d’éviter une perte évitable.

Questions fréquentes

La gingivite peut-elle guérir complètement ?
Oui. Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), au stade de la gingivite la maladie est réversible : l’inflammation régresse quand la plaque dentaire est éliminée par une hygiène rigoureuse et, si besoin, un détartrage. C’est la perte d’attache et la perte osseuse de la parodontite qui ne sont pas réversibles spontanément.
Comment savoir si j'ai une gingivite ou déjà une parodontite ?
Seul un examen clinique avec sondage parodontal et, souvent, un bilan radiographique permet de trancher. La gingivite se traduit par des gencives rouges et qui saignent, sans perte d’os. La parodontite ajoute des poches parodontales, une perte d’attache et une perte osseuse visibles au sondage et à la radiographie. La parodontite débutante est souvent indolore, ce qui retarde le diagnostic.
La parodontite est-elle contagieuse ?
La parodontite n’est pas une maladie contagieuse au sens d’une grippe. Les bactéries du biofilm peuvent se transmettre, par exemple au sein d’un couple, mais le déclenchement de la maladie dépend surtout de la susceptibilité individuelle, de l’hygiène et de facteurs de risque comme le tabac ou le diabète, rappelés par l’OMS.
Le diabète a-t-il un rapport avec mes gencives ?
Oui. Selon l’EFP, la relation est bidirectionnelle : les personnes diabétiques ont environ trois fois plus de risque de maladie parodontale, et le traitement parodontal peut contribuer à améliorer le contrôle glycémique. L’OMS décrit également ce lien réciproque.
Une fois traitée, la parodontite peut-elle revenir ?
La parodontite est une maladie chronique : on la stabilise plutôt qu’on ne la guérit. Selon le guide de traitement de l’EFP, une phase de maintenance avec suivi régulier, à un intervalle personnalisé souvent compris entre trois et six mois, est nécessaire pour éviter une reprise de la maladie, surtout en cas de tabagisme ou de diabète.
On m'a parlé de parodontite agressive : que veut dire ce mot aujourd'hui ?
Ce mot vient de l’ancienne classification. Depuis 2018, les formes autrefois dites « chroniques » et « agressives » sont regroupées sous le seul nom de parodontite, décrite par un stade et un grade. Une destruction plus importante que ne l’explique la quantité de plaque, ou apparue tôt dans la vie, est décrite aujourd’hui par le grade C, celui d’une progression rapide ; lorsque l’atteinte se concentre sur les molaires et les incisives, la classification le précise. Le grade tient compte de l’âge : la même perte d’os n’a pas le même sens à 30 ans et à 65 ans, ce qui explique qu’un diagnostic soit posé chez une personne jeune. La susceptibilité individuelle, le tabac et le diabète pèsent sur cette vitesse. Un grade C n’est pas une sentence : le traitement suit les mêmes étapes, avec un suivi plus rapproché, et ce sont l’atteinte des objectifs du traitement puis la maintenance qui comptent le plus pour l’avenir des dents.
Un bain de bouche suffit-il à soigner une gingivite ?
Non. Un bain de bouche peut aider en complément, mais il n’élimine ni la plaque dentaire accrochée aux dents ni le tartre. La gingivite régresse quand la plaque est retirée chaque jour par le brossage et le nettoyage entre les dents, avec un détartrage si du tartre s’est formé. Selon ameli.fr, des bains de bouche antiseptiques peuvent être prescrits en complément par le praticien. Utilisés seuls, ils risquent surtout de retarder un examen utile.

Sources

Références médicales consultées pour cet article.

  1. 1OMS, Santé bucco-dentaire, aide-mémoire, 17 mars 2025
  2. 2EFP, Guideline on treatment of stage I-III periodontitis (S3-level CPG, Sanz et al. 2020)
  3. 3EFP, Perio & Diabetes (information patients)
  4. 4World Heart Federation & EFP, Report on the link between periodontal and cardiovascular diseases, 2020
  5. 5ameli.fr (Assurance Maladie), Comprendre la maladie des gencives : gingivite et parodontite
  6. 6L'Information Dentaire, La nouvelle classification des maladies parodontales (EFP/AAP 2018, d'après Caton et al.)
  7. 7AAP et EFP, Staging and Grading Periodontitis : tableaux de la classification 2018, d'après Tonetti, Greenwell et Kornman
  8. 8Herrera et coll., Treatment of stage IV periodontitis : the EFP S3 level clinical practice guideline, J Clin Periodontol 2022 (PubMed)
  9. 9ameli.fr (Assurance Maladie), Gingivite et parodontite : consultation et traitement
  10. 10Commission européenne, Radiation Protection n° 172 : Cone beam CT for dental and maxillofacial radiology, lignes directrices SEDENTEXCT, 2012
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